Carmen à Châteauvallon

L’été. Le nouvel horizon. L’envie d’art, plus que d’habitude. Je ne relate pas tout ce que je vois. Je ne partage que ce qui m’époustoufle.

carmen chateauvallon

Un samedi sous les étoiles, en admirant le Carmen de Johan Inger, à Chateauvallon.

C’était quelque chose. Imaginez. Dix minutes de routes tortueuses, puis l’arrivée sur le site. Se garer sous les pins, monter la centaine de marches qui permettent de rejoindre le théâtre de plein air, essoufflée. Pierre blanche, lumière du soir, verre de blanc et grandes tables rondes collectives. Le soleil se couche sur Toulon, on savoure.

Vers vingt deux heures. L’heure des chauve-souris et des trois coups. La scène, entourée d’arbres centenaire se fait sombre, l’amphithéâtre silencieux. Carmen de Johan Inger commence. Vingt deux danseurs, d’une légèreté rare. Des hommes agiles, sautillants, fins. Des femmes d’une sensualité à couper le souffle. Un portée de tête, à immobiliser la terre entière.

L’esthétique. La chorégraphie est rapide, les groupes d’hommes, puis de femmes, se mélangent beaucoup, s’affrontent, c’est palpable. Carmen est magnifique, évidemment. Robe rouge. Son calme apaise, et sa maîtrise du désir des hommes est terrifiante. Implacable. Elle conquiert son monde. Quelques libellules volent au-dessus des spectateurs. Spectateurs attentifs, connaisseurs. « C’est magnifique » chuchote-t-on. Un mélange de classique, de moderne, du hip hop, parfois. Des corps très mobiles. Un tango. Au bon moment.

C’est un spectacle à voir. Retenons. Un matador interprété avec l’arrogance nécessaire. Un homme amoureux, coincé, maladroit, que seule Carmen éveillera quelques minutes, quelques minutes de délice pour nous.  Des décors simples, multi-matériaux, l’acier, la persienne en bois, le verre et la lumière de néons. Et puis la mort, qui monopolise presque tous les danseurs au dernier acte. De noir vêtu, ils roulent sur le sol, comme des rouleaux de foin, ou se font ombre, étouffant son homme pour l’entrainer vers les enfers, le portant dans les airs lorsqu’il meurt enfin – façon matrix.

C’est un spectacle qui parle à notre cœur. Que dire du jeu de la séduction, de l’amour. Tout est là, sous nos yeux, l’histoire du monde, le sens du désir. Vouloir conquérir, ce que l’on n’a pas. L’obsession. La douceur parfois. La lutte pour survivre et garder son intégrité, sa liberté.

Bref. C’est un spectacle à voir. Ici quelques extraits. A regarder dans le noir, sous les étoiles, en bonne compagnie.

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