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Artistes et Robots, et vice versa…

Une exposition Artistes & Robots ? Au Grand Palais.

Impossible de louper cette occasion mêlant deux de mes passions, technologie et art. Le Grand Palais nous régale d’une série d’installations des années 70 à nos jours, sur la créativité des artistes sur le thème ou le media de la mécanique, la programmation, des logiciels apprenant, et du mélange des genres. Chaque installation est à vivre, puisqu’il s’agit bien, pour nous humains, de nous placer devant des expériences inédites, et d’explorer ce qu’elles provoquent ou révèlent de nous. Quelques expériences étonnantes.

 

 

 “Human Study #2 de Patrick Tresset

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Trois robots studieux qui regardent et dessinent. Appliquer une mise en scène scolaire avec un pupitre, une gestuelle humaine (regarder, dessiner, regarder, dessiner) à une  machine composée d’une caméra connectée à un bras mécanique. L’expérience nous donne l’impression d’observer de vrais écoliers. C’est troublant.

 

 

Reflexão #2 de Raquel Kogan

Une chambre noire, la chambre de la matrice, avec des miroirs, réflexions infinies, des chiffres défilent. On y entre, en silence, les chiffres défilent toujours, sur nous, malgré nous. On peut y jouer des heures, à regarder ces colonnes, nous parcourir, imperturbables, ou presque, puisque notre présence y incruste des zones d’ombre.

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Pissenlits de Michel Bret et Edmond Couchot.

Des pissenlits géants, flottent sur un écran. Ils réveillent notre envie de souffler. Heureusement Bret et Couchot ont pensé à tout. Un pupitre, un micro, une indication “soufflez”. Là, l’intensité du souffle du spectateur est capturée, et reproduite en temps réel sur ces pissenlits, qui se dénudent pour notre plus grand plaisir. Nul ne résiste. L’humain reprend le pouvoir sur l’image et sourit. En boucle.

 

 

 

 

 

Fleurs de  @ChevalierMiguel

Ici, Miguel Chevalier propose de mettre en scène des fleurs géantes exotiques et inventées, et nous offre de les voir grandir, saluer, et disparaître. Cycle naturel virtuel. L’immensité d’une nature colorée, sous nos yeux, à portée de main. Hypnotique.

 

 

 

 

 

ORLANOIDE de Orlan

Le summum de la réflexion, et du clash humain-robot. La plasticienne française Orlan installe un robot à son image (du moins à son visage), doté de logiciel apprenant, et d’interface de communication avec le monde, de bras mobiles, bref, un robot humanoide. Orlan nous propose un dialogue entre elle, présente en vidéo enregistrée, et son double, présente au Grand Palais. Nous assistons à leur échange, les deux voix, l’une après l’autre, Orlan apprend à sa version robot à déclamer de la poésie, à intégrer le fait qu’elle n’aura jamais d’émotion puisque elle est un robot. Et, heureux hasard, au beau milieu de ce dialogue étonnant, débarque Orlan, la vraie, en chair et en os, microphone en main, qui explique son procédé, sa démarche artistique. Nous voici temporairement avec trois versions d’Orlan, plus ou moins incomplètes.  Et une espèce de mise en abime qui donne le vertige. Une vision de nos futures vies parallèles et complexes, mêlant  représentations réelles et logicielles ?

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L’exposition est finie. Oui, en faire la promotion alors que vous ne pourrez pas allez voir ces merveilles, c’est moche. Mais l’intégralité de l’exposition est très bien expliquée ici [PDF], vous pouvez butiner dans la liste des artistes présentés ici, et je vous encourage à faire un tour sur ce qu’en ont dit les visiteurs, sur #ArtistesEtRobots. 

 

 

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Revolution graphique @ La Friche La Belle de Mai

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La Friche La Belle de Mai accueille une exposition aux influences populaires mexicaines. Trop d’artistes pour être cités, mais je partage ici quelques trésors. Du noir et blanc, de la lithographie, des masques traditionnels ou moins classiques. A voir. Pour l’agitation et la créativité graphique.

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Il y a également en ce moment une exposition sur Empathie et Travail que je vous recommande…

Harun Farocki à La Friche La Belle de Mai

 

J’aime le lieu de la Friche La Belle de Mai. J’y ai de beaux souvenirs, de rêveries, de lumières, d’éclats de rire, de légèreté. J’aime ses murs, le béton et ses fenêtres. Dimanche dernier, j’y flânais, et je visitais les expos.

 

 

Travail. C’est le thème de Janvier et Février. Outre des conférences, et des installations, il y a une exposition de Harun Farocki, nommée Empathie. Empathie et travail, me demandais-je. Comment l’artiste s’y prendra-t-il ? J’ai visité, et je répondrais “Il s’y prend fort bien”.

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L’exposition est faite de montage vidéo que feu Harun Farocki exerçait beaucoup. On trouve dans cette expo feutrée des travailleurs du monde entier. Le tour de force de l’artiste, est de mettre les travailleurs en parallèle. Ces films ou images mises côte à côte, créent une universalité et une vision de classe, de masses, que notre société lisse et “UX designée” ne nous permet plus de voir. Tout est devenu si simple. La production est si loin de nous.

J’ai donc adoré les œuvres suivantes :

  • Re-verser, variation de l’Opus 1 de Tomas Schmit : un robot qui remplit une bouteille, puis saisit cette première bouteille et reverse l’eau dans une seconde, puis il verse la seconde dans une troisième, puis, une autre, puis une autre indéfiniment. Évidemment à chaque opération, le robot renverse un peu d’eau. L’eau a disparu;
  • Travailleurs quittant l’usine : une série de sorties de travail, faisant écho à un des premiers films sur la sortie de l’usine des frères Lumières. On y sent le soupir de libération des travailleurs, le changement de décor intérieur.
  • Comparaison via un tiers : ou comment la manufacture de briques se fait autours du monde, d’un côté, la machine y apparaît, monstrueuse, et de l’autre côté les corps souffrent.

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A vous de monter au cinquième étage de la Tour Panorama, et d’expérimenter…

Moebius @ Toulon

Var. Toulon. Hôtel départemental des arts. Moebius. Celui-là même.

Les lecteurs de Moebius apprécieront, le cœur battant. Les autres découvriront un artiste aux talents multiples. Moebius, Giraud. Western, science fiction. Huit salles splendides. Des personnages en quête de sens. Trimballés dans des mondes. En noir et blanc ou en aquarelles vives. Les salles au parquet craquant, presque vides. Regarder les planches. Lire. Ou juste laisser son regard danser.

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Moebius a cette force de présenter le vide ou la cohue. D’alterner les temps bouillonnants et les minutes d’apaisement. Il nous aspire dans ses mondes. Et nous y colle par les détails ou la sérénité qui s’en dégage. L’exposition est magnifique.

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Marseille J1, du bleu et le monde

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Marseille. J1. Le hangar. Entre les terrasses du port et le MUCEM, à 10 mètres du départ pour l’Algérie. A 20 mètres au-dessus du quai. Le J1 est à prendre. En attendant, le J1 accueille les expos photo de Arles.

Huit expos retenues pour l’hiver. Dispersées dans ce hangar immense, aux fenêtres salées. On dévore tout des yeux. Les photos, esthétiques, féministes, dansantes, ou gifles du monde, des horreurs de la guerre aux innodations. Semences et graines de réflexions. Dedans comme dehors. De la profondeur, de la hauteur.

Dehors. La vue sur les 3 grues de la digue, la Major, le MUCEM, le Frioul, le port, les paquebots. Le front collé à la vitre. Les yeux dans le bleu.

 

More ? voir mes expositions préférées de Arles 2017, Arles 2016 ou Arles 2015

Arles, encore et toujours…

Impression

Arles, la belle. Arles qui accueille fidèlement les rencontres de la photographie, deux mois durant, depuis des années. Après le passage de touristes juillettiste ou aoûtistes, éduqués, les expositions restent, silencieuses. On les savoure d’autant mieux. Ici, ma sélection coup de cœur, les clichés, artistes ou ambiance qui m’ont faite chavirer.

Je reste gorge nouée devant Fusake. Son approche, son cadre, son jeu, son obsession de Yoko, diabolique, les corbeaux, sa séries de 6+1. «L’incurable égoïste» est sa première rétrospective en Europe, et je suis ravie de pouvoir en profiter.

 

Dans l’espace Chiringuito. L’ambiance, transat et tapas. Musique joyeuse ôh latina. Et plusieurs expositions. Tout d’abord. Toutes proportions gardées. Hommes et femmes hors normes, trop grand, trop petite, trop lourd, sujet de foire, ou juste légendes. L’exposition “Toutes proportions gardées” passe en revue les mille et une façons d’user et d’abuser de la figure des monstres (au passage, on notera qu’on a enfin trouvé l’homme canon, les filles, ha, ha). Un petit écho à l’exposition Mauvais Genre des rencontres de l ‘année dernière.

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Et la Colombie. On en parle ? Au même endroit, pas loin des monstres, on est plongé dans une atmosphère Colombienne des années 80. Photos géantes, collées au mur, catcheurs, tueurs à gage, femme fatale, je reste séduite par la mise en image des souvenirs de l’exposition “La vache et l’orchidée, photographie vernaculaire colombienne”, plus vivants que nature.

On passe chez Jean Dubuffet. Que l’on voit travailler dans son atelier. Mille photos de ses motifs, fonds, étiquetés précisément, “festin de rocher”. L’exposition ne se raconte pas, puisque on est à la fois avec le maître, avec ses admirateurs, devant ses œuvres, et ses archives photographiques.

Puis vient l’exposition-enquête de David Fathi. Ce photographe met en scène la façon dont Henrietta Lacks, femme afro-américaine, dont des cellules furent prises à son insu à l’occasion de son passage (et de son décès) à l’hôpital pour une tumeur cancéreuse. Ces cellules furent à la base de nombre d’expérience scientifiques, exploitées, reproduites, sans que jamais cette femme (ou sa famille) ne soit impliquée, remerciée, informée.

 

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Arles, c’est aussi une ambiance. Les promeneurs qui chuchotent dans les rues sinueuses, la terrasse du café déserte, le premier frisson de l’automne, les murs bavards.

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Les expositions terminent le 24 Septembre. Courez-y ! https://www.rencontres-arles.com/

 

Note : mes autres billets d’expo diverses et variées, de Paris à Marseille, en passant par Boston…

 

2 min de Saeptem le soir, espoir…

J”ai très envie de partager avec vous l’expérience, l’exercice, la proposition de @Saeptem. Chaque jour, Saeptem nous fait part une réflexion personnelle, il brode délicatement un thème de vie, de société, de relation. C’est souvent rondement mené, bien dit et lu, et surtout ouvert et généreux. Une réflexion, loin de tout jugement, un partage sincère et simple. Depuis fin juillet, il enregistre et nous offre chaque jour sa pensée dans un podcast de deux minutes. C’est long et court, c’est tendu ou relax, ça dépend des soirs. Mais c’est très souvent très bien.

Ça s’appelle #2minAvantDeDormir – mais moi je l’écoute le matin, parce que Saeptem et moi, on ne va pas dormir à la même heure.

Deux minutes par jour, depuis le 23 Juillet, je trouve que ça commence à ressembler à un exploit. Deux minutes par jour, depuis 30 jours, ça vous fait 30 épisodes à rattraper, et vous pourriez être découragé-e-s. J’ai donc sélectionné pour vous 6 épisodes qui m’ont particulièrement touchée – parce qu’ils sont plein d’émotion, parce qu’ils expriment ce que je ressens parfois, ou exactement son contraire, ou parce qu’ils montrent une piste que je ne connaissais pas.

Savourez !

Les placards de l’esprit https://soundcloud.com/saeptem/deux-minutes-avant-de-dormir-300717-les-placards-de-lesprit

La foi https://soundcloud.com/saeptem/deux-minutes-avant-de-dormir-250717-la-foi (oui, la foi)

Le cul entre deux chaises : https://soundcloud.com/saeptem/deux-minutes-avant-de-dormir-050817-le-cul-entre-deux-chaises

Le trop présent fantôme du passé https://soundcloud.com/saeptem/deux-minutes-avant-de-dormir-130817-le-trop-present-fantome-du-passe

Maintenant je danse https://soundcloud.com/saeptem/deux-minutes-avant-de-dormir-100817-maintenant-je-danse

Dans le vide, on meurt https://soundcloud.com/saeptem/deux-minutes-avant-de-dormir-24072017