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[Mots] Paysage industriel…

Martigues, Fos-sur-Mer, Port-Saint-Louis-du-Rhône. N568. Asphalte bordée de poussière, de pompes à essence, de camions exposés. Une route qui pose la limite de la zone industrielle. Un ruban, orné de poteaux de béton, courts, reliés par des barbelés. Un peu plus loin, le ciel se couvre de fils électriques. Indifférentes aux rares habitations, et forêts de chênes, les structures électriques géantes tracent des lignes jusqu’à la raffinerie. Pyramides d’acier contre cuves immenses, renfermant l’or noir et ses vertueux dérivés. Pétrole, qui fait battre nos cœurs et avancer nos voitures. Pas une enseigne ne vient humaniser ces cylindres. A quoi bon. Certains sont isolés, nus ou recouverts de coulées de rouille. D’autres sont regroupés en tribu. Quelques accessoires minuscules indiquent que la vie fait parfois une ronde dans les parages. Des échelles, des lampadaires, des tuyaux, des routes. Et puis les cheminées. Parfois peintes de rouges et blanc. Vague ressemblance avec la fusée de Tintin, objectif lune. D’ici, les vapeurs s’échappent. Jet blanc. Nuage noir. Brume orange. Inquiétant. L’air se charge d’un soupçon de goudron ou d’essence selon le rond-point désertique que l’on parcourt.

A la nuit tombée, les cuves et les usines s’illuminent. Blanc pour les bâtiments bas. Rouge pour les tours et cheminées. Pas loin de là, une digue infinie, composées de rochers géants blancs, sillonne le bord du bassin. On pique nique. On pêche, aussi. En famille. On observe le soleil glisser derrière les pétroliers, bas et noirs. Ils attendent patiemment dans la rade de recevoir leur chargement.

Bassin de Fos-sur-Mer. Monstre industriel. Création des hommes. Nourrie à la sueur des trois huit. Comme une plaie dans ces terres du sud.

Arcelor_by_Pierre Bourgeois

Arcelor — D.R. Pierre Bourgeois