Moebius @ Toulon

Var. Toulon. Hôtel départemental des arts. Moebius. Celui-là même.

Les lecteurs de Moebius apprécieront, le cœur battant. Les autres découvriront un artiste aux talents multiples. Moebius, Giraud. Western, science fiction. Huit salles splendides. Des personnages en quête de sens. Trimballés dans des mondes. En noir et blanc ou en aquarelles vives. Les salles au parquet craquant, presque vides. Regarder les planches. Lire. Ou juste laisser son regard danser.

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Moebius a cette force de présenter le vide ou la cohue. D’alterner les temps bouillonnants et les minutes d’apaisement. Il nous aspire dans ses mondes. Et nous y colle par les détails ou la sérénité qui s’en dégage. L’exposition est magnifique.

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Marseille J1, du bleu et le monde

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Marseille. J1. Le hangar. Entre les terrasses du port et le MUCEM, à 10 mètres du départ pour l’Algérie. A 20 mètres au-dessus du quai. Le J1 est à prendre. En attendant, le J1 accueille les expos photo de Arles.

Huit expos retenues pour l’hiver. Dispersées dans ce hangar immense, aux fenêtres salées. On dévore tout des yeux. Les photos, esthétiques, féministes, dansantes, ou gifles du monde, des horreurs de la guerre aux innodations. Semences et graines de réflexions. Dedans comme dehors. De la profondeur, de la hauteur.

Dehors. La vue sur les 3 grues de la digue, la Major, le MUCEM, le Frioul, le port, les paquebots. Le front collé à la vitre. Les yeux dans le bleu.

 

More ? voir mes expositions préférées de Arles 2017, Arles 2016 ou Arles 2015

AMFT clash, 3 mois plus tard …

carte postale marseille

L’éco-sytème entrepreneur Aix Marseille bouge. Il a toujours été vivant, mais il s’est structuré grâce notamment au label French Tech Aix Marseille. Un peu de mise en commun, des événements pour rythmer l’année, un peu plus de networking, un peu plus de liant. Toujours pas la grande transparence, on a toujours l’impression que les décisions se passent au cours de dîners entre happy few, mais il y a du mieux. Il y a du mieux aussi parce que les startups se multiplient, les tiers lieux s’implantent, et se fédèrent, parce que il y a de joyeux lurons qui animent parfois des soirées, des apéros, des conférence, grandes ou petites, des meet-up. Parce que il y a TheCamp, parce que le paysage de la ville change, parce que Euromed, parceque Toulon et Avignon bougent. Bref, le cercle vertueux est en marche… Et tout cela alimenté par le talent et l’audace des habitants du coin. Ne l’oublions pas.

Dans quelques semaines le label French Tech sera remis entre les mains d’une nouvelle équipe, ou pas. Ici encore, on est dans le flou artistique marseillais. Ce que l’on sait c’est que l’ancienne équipe se renouvelle, puisque certains membres partent, et qu’une nouvelle équipe composée de 15 entrepreneur-e-s aimerait bien présenter sa candidature pour “coopérer avec le label Aix Marseille French Tech”. Je ne vais pas m’attarder sur les histoires liées à l’attribution du label French Tech, puisqu’elle plane bien loin de mes sphères d’influence – et sera le fruit de la réflexion d’une petite vingtaine usual suspects. Par ailleurs se positionner, pour cette nouvelle équipe Métropole Aix-Marseille 2.0, contre, ou au milieu, reste un exercice difficile et clivant, si on écoute le silence pesant qui règne sur le groupe Facebook Metropole AixMarseille 2.0 (plus de 240 membres, et si peu de causeries…). Bref, le dialogue déjà sous tension.

Négligeons donc l’instant présent, sur lequel nous n’avons pas de prise. Et sautons vers le futur. Trois mois après ce “clash”. Une fois l’échéance politicienne du label French Tech passée, lorsque les cartes du pouvoir seront redistribuées. C’est ce moment précis qui m’intéresse, que nous devons gérer en bonne intelligence, je crois. Soit il ne restera plus personne de cette nouvelle équipe 2.0 – et l’affaire nous aura fait perdre notre temps. Soit il en restera quelques uns. Et il faudra bien leur trouver une place, à ces hommes et ces femmes, avec ou sans label, prêts à donner un peu de leur temps et de leur énergie pour faire grandir notre territoire. Sans doute auraient-ils pu trouver un moyen plus doux pour débarquer, okay. Mais c’est avec eux qu’il faudrait travailler, en évitant la guerre de clan. Pourquoi faudrait-il être conciliant ? Pour être certains que leurs énergies et nos énergies déjà en mouvement se complètent. Pour que nous ne perdions pas encore notre précieux temps. Pour écouter leurs idées et bénéficier de leurs réseaux. Attachons nous, ensemble, et avec le plus grand nombre, à ne pas louper le virage de l’innovation et de l’international que doit aborder notre territoire. C’est bien cela qui mérite toute notre attention.

 

Note : évidemment, on me taxera d’utopiste, ou de vendue à la nouvelle équipe – que je ne connais pas – ou on pourra négliger l’opinion d’une petite voix qui ne siège pas dans les instances.  Qu’importe, ceux qui me connaissent savent que j’œuvre pour le territoire et sans étiquette, et sans volonté de pouvoir. Et ceux qui ont envie de savoir pourquoi et comment, pourront m’interpeller sur les réseaux, j’y suis souvent 🙂

 

Un amour de #swam

Voilà. Mon premier startup week-end. Ma première expérience des “54 heures pour monter sa startup”. Le startup week-end Aix Marseille d’automne se passait à Kedge Business School à Luminy. Hashtag #swam. Ambiance #folle.

Dès le vendredi soir, 70 participants de tous âges papotent dans un amphi. On apprend les principes du startup week-end, on remercie les sponsors, amis, jury, coachs. Ha oui ! Merci Poulpita. Je suis coach sur cette aventure. Puis viennent les fire-pitch, une minute (ouaneminioute) pour exposer son idée, et indiquer les compétences que l’on recherche. 30 fire-pitch, une pause pizza, et un vote plus tard, les 11 équipes sont constituées. Ça commence.

L’objectif. Pitcher 5 minutes dimanche à 17h, devant un jury pour convaincre sur son business model, son go to market, son potential commercial, et montrer le proto réalisé pendant le week-end.

Les critères du jury reposent sur le fait d’avoir validé ses hypothèses, avec des vrais clients, d’avoir réalisé quelque chose, et d’avoir des chiffres fiables pour évaluer son marché.

Pour ma part. J’ai aidé les équipes sur la cohérence globale de leur projet, vérifier avec eux que toutes les pistes de positionnement avaient été explorées, que les points sensibles ou de frictions étaient traités, en terme de technologie ou d’acquisition et de parcours utilisateur. Bref, j’ai porté mon regard sur leur projet, avec bienveillance, en cherchant un peu la petite bête. Pardon, à toi que j’ai cuisiné un samedi à 22 heures sur les étapes réelles de l’onboarding d’un parent d’élève dans ton service de liste scolaire, pardon, je regrette, on était trop fatigués. J’ai aussi participé au pitch-clinic, avec les autres coachs. Ce moment où l’on apprend à restituer avec pincettes et fermeté les maladresses des équipe, à les aider à repérer les points de faiblesse de leur discours ou de leur langage corporel (champion du monde, Franck).

Que dire de ce week-end ?

Friendship. Les échanges cordiaux du vendredi soir au dimanche soir. L’ambiance marquée un peu naïvement de gentillesse. Les orga explicitent les règles du jeu. Ya pas de chef, on se remet soi-même en question en cas de conflit, on est là pour s’amuser, ne pas se prendre au sérieux. Ce cadre dégage les enjeux et les tensions, et laisse la place à des rapports simples. Chaleureux. Merci pour cette capsule utopique.

Energy. Des participants qui ont 5 heures de dodo au compteur le dimanche à 17 heures, et qui ont encore l’énergie de pitcher, repitcher. Des orga qui peuvent encore faire le dindon (en vrai) un dimanche midi. Une chenille nocturne sans complexe. Bref. Ça ne s’arrête jamais.

Take your feet out of the building. Les participants sont allés dehors, ont interrogé leur clients, on fait circuler des questionnaires, sont allés parler au gérant du golf de la valette, ont appelé leurs potes pour les interroger sur leur façon de mettre du piment dans leur vie sexuelle (#true), ont contacté les associations de parent d’élèves. Bref, l’esprit de valider leurs idées et suppositions, c’était top.

Purpose. La plupart des porteurs de projets avaient une volonté personnelle, une croyance, une envie, une passion, un truc qui les animait. Bref. Précieuses intentions, précieuses dynamiques.

Skills. On en parle pas souvent, mais la compétence des gars et des filles était là . J’étais bluffé. Parce que délivrer un site, une maquette en 54 heures, il faut quand même bosser. Et. Être assez agile pour faire gazer les imprimantes 3D. Et/ou savoir exactement quel logo on aura, et le faire faire en carton, réalisé par En Goguette. Tout cela nécessite des compétences, et la capacité de gérer les priorités, son temps…

(ce billet de blog est complètement trop long, mais je m’en fous, le #swam mérite qu’on revoit ses merveilles, donc je continue)

Les flash conférences. Peut-on caler dans un challenge de 54 heures deux conférences de qualité sur le bonheur et les difficultés d’être entrepreneur ? Oui. Le #swam l’a fait. Les participants ont eu la chance d’entendre et @gafisme témoigner, avec une sincérité touchante. Et c’est pas rien.

Finalement. L’orga. Les orga. Qui pendant 54 heures gardent le sourire (sauf quand les participants ouvrent le frigo pour piller les boissons, Marie, faut pas la chatouiller, hein). Les orga qui gardent le temps, servent les repas, rangent les locaux, rappellent les règles, gardent un œil discret sur les équipes qui se frittent, attendent patiemment que les coachs ou le jury enfilent leur t-shirt pour faire la photo (enfin, les 16 photos), sont les gardiens du temps, avec une précision folle, gèrent les troupeaux (tous à l’amphi, tous au repas, tous à l’incubation, tous à l’amphi, et ainsi de suite…).

Voilà. Merci. Vraiment le Startup Weekend Aix Marseille. C’était extra.

 

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Me, myself and I en harmonie (un peu plus)

my buddha

Depuis un an, bientôt, il y a une chose qui a révolutionné ma petite vie intérieure. Outil de survie, d’accompagnement nécessaire : la méditation – le courant de la pleine conscience. La découverte des émotions, la gymnastique intellectuelle de savoir quoi en faire, la capacité de reposer son esprit et de le rendre moins sensible au chaos de notre monde. Voilà ce qui m’a sauvée d’un naufrage qui pointait le nez. Je ne vais pas vous expliquer la méditation (vous avez sans doute DuckDuckGo, comme moi), mais je souhaite partager les quelques conséquences que cette pratique a eu sur ma façon d’aborder chaque matin.

Penser présent. Se défaire des projections futures, paris improbables et enchaînés. Combien de fois, lâchant prise sur le timing parfait, ai-je été surprise par une situation qui se déroulait si bien, dans le bonheur, en gérant l’imprévu en souriant. Exit le planning et l’anticipation. Exit cette tension qui oblige à être bien ici, et dans le lointain, avec toutes les hypothèses remaniées sans cesse, en live, en permanence. Exit tout ça. Bienvenu la sérénité.

Respecter son émotion. Marquer un temps, reconnaître et accueillir l’émotion, décider de sa réaction (sauf cas extrême de colère, on a le droit de tout envoyer bouler). Décider de mes réactions m’a permis de pratiquer de nouvelles stratégies : le silence, la fuite, la demande de délai, toutes ces choses que je ne me permettais pas jusque là, parceque, parceque, … allez savoir pourquoi.

Le moins de jugement. J’ai mes valeurs fondatrices – qui m’appartiennent. Et puis il y a mes comportements. Et entre les deux, un écart. Toute la richesse et la subtilité de la vie. Loin de juger mes faux pas, mes incidents, mes merdouillages, j’apprends à faire avec. Et à ne pas grossir mon panier de culpabilités inutiles. A réparer plutôt que de m’en vouloir. Alléger mon pas, donc.

S’économiser. Placer son énergie pour ce qui nous fait du bien (ce bien que l’on sait reconnaître puisque nos émotions nous l’indiquent). Je pensais savoir le faire. Je le fais mieux. Mais ce que je ne faisais pas ou à moitié, c’était faire le tri. Dire non. Repousser les choses, les gens qui peuvent me faire du mal (ce mal que l’on sait reconnaître puisque nos émotions nous l’indiquent, okay, vous avez compris, notre corps, ce héros). Ne pas saisir toutes les occasions de la vie, surtout si tout chuchote “non, il ne vaudrait mieux pas, I would prefer not to”, y inclus vos papillons de peur dans le ventre.

Ces changements ne sont pas arrivés en quelques jours, ni en trois mois. Il m’a fallu une année d’expérimentation, à mon rythme. Pas de routine, pas de challenge, juste des tests, des méditations plus ou moins régulières. La motivation de continuer prenait racine surtout dans mon ressenti. Le constat qu’une vie parsemée de moments de tranquillité, de sas de décompression, tels que la méditation en propose, est une vie qui s’apprécie plus, qui ne vous met pas à terre à la moindre embûche, même lorsque on se sent fragile. Bien sûr, il y a des hauts, des bas, des contrastes, des moments difficiles, des descentes, mais je ne crois pas qu’il soit écrit (ailleurs que sur les réseaux sociaux) que la vie doit toujours être splendide et magnifique.

Bref, cette vie, un peu nouvelle, est juste plus savoureuse, intense, et franchement joyeuse parfois. Un truc équilibré, que je souhaite à chacun.

Et puis …

 

 

 

Arles, encore et toujours…

Impression

Arles, la belle. Arles qui accueille fidèlement les rencontres de la photographie, deux mois durant, depuis des années. Après le passage de touristes juillettiste ou aoûtistes, éduqués, les expositions restent, silencieuses. On les savoure d’autant mieux. Ici, ma sélection coup de cœur, les clichés, artistes ou ambiance qui m’ont faite chavirer.

Je reste gorge nouée devant Fusake. Son approche, son cadre, son jeu, son obsession de Yoko, diabolique, les corbeaux, sa séries de 6+1. «L’incurable égoïste» est sa première rétrospective en Europe, et je suis ravie de pouvoir en profiter.

 

Dans l’espace Chiringuito. L’ambiance, transat et tapas. Musique joyeuse ôh latina. Et plusieurs expositions. Tout d’abord. Toutes proportions gardées. Hommes et femmes hors normes, trop grand, trop petite, trop lourd, sujet de foire, ou juste légendes. L’exposition “Toutes proportions gardées” passe en revue les mille et une façons d’user et d’abuser de la figure des monstres (au passage, on notera qu’on a enfin trouvé l’homme canon, les filles, ha, ha). Un petit écho à l’exposition Mauvais Genre des rencontres de l ‘année dernière.

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Et la Colombie. On en parle ? Au même endroit, pas loin des monstres, on est plongé dans une atmosphère Colombienne des années 80. Photos géantes, collées au mur, catcheurs, tueurs à gage, femme fatale, je reste séduite par la mise en image des souvenirs de l’exposition “La vache et l’orchidée, photographie vernaculaire colombienne”, plus vivants que nature.

On passe chez Jean Dubuffet. Que l’on voit travailler dans son atelier. Mille photos de ses motifs, fonds, étiquetés précisément, “festin de rocher”. L’exposition ne se raconte pas, puisque on est à la fois avec le maître, avec ses admirateurs, devant ses œuvres, et ses archives photographiques.

Puis vient l’exposition-enquête de David Fathi. Ce photographe met en scène la façon dont Henrietta Lacks, femme afro-américaine, dont des cellules furent prises à son insu à l’occasion de son passage (et de son décès) à l’hôpital pour une tumeur cancéreuse. Ces cellules furent à la base de nombre d’expérience scientifiques, exploitées, reproduites, sans que jamais cette femme (ou sa famille) ne soit impliquée, remerciée, informée.

 

Davis Fathi 1

Arles, c’est aussi une ambiance. Les promeneurs qui chuchotent dans les rues sinueuses, la terrasse du café déserte, le premier frisson de l’automne, les murs bavards.

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Les expositions terminent le 24 Septembre. Courez-y ! https://www.rencontres-arles.com/

 

Note : mes autres billets d’expo diverses et variées, de Paris à Marseille, en passant par Boston…