Month: April 2017

Some news from W3C innovation lab’s

échiquier

I am spending some time this week in Beijing, with W3C folks and members. And there is one thing that I believe deserves to be known. Six months ago, W3C has changed its  organization. And. After having the big picture presented by the W3C staff to the new W3C members, it stroke me that this organization will definitely support the mision of W3C – which is, as everyone knows, leading the web to its full potential. So let me share with you how W3C is going to manage its strategy to shape the future, as the W3C management team explains it.
W3C has now a strategy team. Which role is to identify new topics to be standardized, and supporting its kickoff. This starts with canvassing the web, identifying some W3C members interests, organizing workshops when there is strong suspicion that a specific feature is trendy and that there is a room for a web related standard. Other insights are conversation, press reviews, members requests, identifying community of growing adopters.
Some examples of successful explorations.
W3C recently held a virtual reality workshop, gathering developers and technologist. Questions whether the open web platform could be extended and some track were confirmed. There is an active community group, will bring something to chartering.

Another successful workshop was related to blockchain and the web. The objective was about exploring the opportunity for exposure of blockchain to web apps, and the role W3C could have in improving interoperability – which is what a standard is about. A blockchain community group is currently working on defining the actual web related use cases and evaluating if technology adoption permits to switch to standard deliverables.
How to decide to kickoff new W3C working groups ? Involvement of W3C on a specific techno has to happen at the right point. Too early and the work will be slow and potential irrelevant, too late and the technology might be already fragmented. This has to happen, when the technology is mature, rolled out in devices supporting browsers, and when some minimum viable prototyping has been demonstrated for the web. This is why W3C is encouraging incubation work. Incubation produces prototype, design document, some code examples, and use cases. Based on this first level of assessment, W3C can decide to open a working group. This has also a collateral benefit for the W3C member’s patent commitment – which is about a member sharing for free its essential patents. Because, when signing that royalty free commitment, for a WG, members have a relative clear idea of the group deliverable.
Where is incubation happening? There is a platform to suggest any community group, with limited IP commitment. It can be used to engage conversation, drafting work, and gather people with common interest. Some CG are independant, and others are supported by some W3C team members. In addition, there is a very popular incubation community group, the Web Platform Incubation Community Group, which is known as the entry point to enrich the HTML set of specifications. Anyone can drop a proposal and get feedbacks from major browser makers and web platform influencers.

And how does a feature become a recommendation? Once an incubated work is felt ready by the W3C strategy team, a working group charter is designed. The W3C members will review it, and may finetune, or object. And this is how one new idea has a chance to be part of the famous list of W3C recommendations!

All W3C strategy team work can be followed under github https://github.com/w3c/strategy. Track it and contribute !

Résilience, la leçon de Boris Cyrulnik

hug

Boris Cyrulnik. Conférence sur la résilience. Son grand classique. Qu’il maitrise et narre comme personne. Il joue comme un enfant avec le public, seul sur scène, avec les mots, simples, les exemples lumineux, épurés, les anecdotes. Un style inénarrable. Mais je vous raconte quand même.

En préambule, Boris Cyrulnik raconte le lien entre l’âme et le cerveau. Son postulat de base, pour mettre tout le monde d’accord (après avoir un peu écorché Descartes, paix à son âme) : l’âme et le corps sont la même chose, le cerveau est sculpté par nos émotions, dixit la neurologie. L’enfant et son cerveau, se construisent avec l’autre, avec les émotions qu’il vit avec ses parents, ses frères, ses sœurs, la tribu. Dans un cadre d’échange, dit normal ou équilibré, sans trauma, les neurones sont sollicitées et les lobes pré-frontaux développent, le cerveau grandit. L’enfant privé de cela aura donc une développement neurologique, moins harmonieux.

Deuxième mise au point. Boris rappelle que chaque individu traverse des épreuves dans sa vie. L’épreuve est un moment difficile, que l’on traverse avec une conscience de ce qui arrive, avec une capacité à se projeter dans un après, une recherche de solution. Une épreuve est un peu difficile, mais n’altère pas les fonctions neurologiques. Dans les épreuves, on reste soi même. On cherche ce qui marche pour se débattre, pour s’en sortir. En revanche, le trauma, c’est autre chose. C’est un événement si intense que le cerveau s’arrête, temporairement. On perd une partie de sa capacité à réfléchir, à se penser. Et si on est seul. On ne se relève pas. Note : la limite entre trauma et épreuve est non prévisible, cela relève de la sensibilité et de l’histoire de chacun. Il n’y a pas de lien entre l’intensité du trauma et l’effondrement. La signification des trauma est très intime. Bref, à chacun son craquage personnel.

Et c’est là que la résilience entre en piste. On a vu le cerveau qui se développe, le trauma qui arrête tout. Et c’est là que la résilience entre en piste. Qu’est ce donc ? C’est la capacité à dépasser cet état de trauma, cela peut même être la capacité de transformer le trauma en quelque chose qui aide l’évolution. Boris Cyrulnik a utilisé une belle expression pour évoquer la résilience : c’est remettre de la liberté là où le cerveau est prisonnier. Mais pour cela, il faut faire travailler la mémoire, évoquer, ré-évoquer son histoire. Les moyens de la résilience sont donc tous les prétextes pour alimenter le cerveau avec des idées, qui viennent manipuler à nouveau une histoire figée. C’est là que le rôle de l’autre va à nouveau entrer en jeu, comme dans le cas du petit enfant qui se construit. Puisqu’il s’agit de stimuler un cerveau engourdi: la présence silencieuse, une main sur l’épaule, un café chaud tendu, une œuvre artistique, du sport, une conversation au restaurant, un film, une chanson. Ici, l’art aura pour vocation de lancer un fil d’associations nouvelles, un point de vue différent, une projection individuelle autre. Tous ces petits pas sont essentiels pour redonner de la flexibilité à l’histoire de l’individu. Tout ce qui va venir caresser doucement le trauma, créer une relation de sécurité pourra conduire l’individu vers la résilience. Viennent ensuite les phases actives qui peuvent être un récit, un écrit, un débat. Tout ce qui permettra de se projeter positivement comme l’altruisme, le collectif, le don. Toutes ces mécaniques qui réactivent la relation vers l’autre. La résilience, c’est dépasser le trauma, redevenir soi, libre et conscient. Tout un programme.

Nous voilà donc avec de belles définitions. Boris Cyrulnik est clair, si clair que l’on a l’impression que trauma et résilience sont presque un acquis. Et puis viennent les questions du public. Ici encore beaucoup d’humanité et d’apprentissage.

La résilience et devenir fort. Au jeune homme qui avoue avoir subi un trauma, et qui demande ‘mais finalement, le trauma et la résilience, n’est ce pas une chance pour l’individu qui ressort plus fort’. On a tous envie d’entendre Boris dire oui, oui, bien sûr, les contes de fée, Nietzche, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, toussa. Et bien non. Boris nous rappelle que le trauma laisse à chacun une marque de vulnérabilité, que l’on peut sublimer, raconter, explorer, mais qui restera une vulnérabilité. Toute sa vie. Passer une seconde fois sur cette trace de vulnérabilité, et l’individu tombe à nouveau.

La résilience, toujours possible ? A l’éducateur qui demande comment mesurer la capacité de résilience d’un enfant ou d’un adulte, Boris donne quelques pistes. La salle écoute encore, religieusement. Tout dépend de avant, pendant, après. Avant. Dans quel type d’ambiance l’individu se trouvait-il ? Entouré, nourri, en présence d’altérité. Ou isolé et en carence affective. Pendant. La source du trauma joue un rôle important dans la résilience, puisqu’elle induit directement la capacité de pardon de l’individu. On aura plus de facilité à pardonner une cause éloigné, lointaine, une catastrophe naturelle. Mais plus la cause du trauma se rapproche de son cercle de confiance ou d’intimité, plus le pardon est difficile. Et la résilience longue. Après. Si juste après le trauma, l’individu est resté seul ou s’il a été entouré, même silencieusement, la résilience pourra être plus accessible.

Pour aller plus loin. Évidemment Boris Cyrulnik a écrit des livres, fait des articles, est apparu dans des interviews et conférences. Et je ne peux que vous encourager à aller les consulter.  Ses mots sont autant de pistes pour comprendre ou relativiser ses propres épreuves ou trauma ou aider son entourage à surmonter les moments difficiles.