art [fr]

[Mots] Carte postale : Foule de bain

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Words about a crowded beach,

in south of France.

 

Sur le sable. Occuper l’espace. Serviette, rabane, glacière, paréo, tente, sac. Sac en plastique, corde, tissu, dur, mou. Parasols. Coca-Cola. Perrier. Ricard. Corps alanguis. Suites d’une nuit de camping agitée, d’un périple vers le sud, d’une année de crise, de triste, de réussite, ou de passion, d’une année de famille nombreuse, ingrate, remuante. Les peaux. Fine et blanche. Rouge. Flasque. Poilue. Ridée. Tannée. Crémée. Croustillante. Camouflée. Maillot court, long, minimaliste. Uni. Rayé. Cousu d’or. Corail. Parme. Rose bonbon. Azur. Émeraude. Hibiscus. Fougère. Hawaï. Lézard. Noir, noir, gris, noir. Cordon, lacet, froufrou, ficelle, chaînette, nœuds. Les mains occupées. Livre. Mobile. Tube de crème. Mobile. Magazine. Glaces.

Sur la mer. Les mains en éventail. Les fesses tapotées par les vagues. Sur le dos. Les orteils émergés. Ongles colorés. Frisbee. Ballon. Raquette. Bouée. Boule de sable. Gouttes d’eau. Seaux d’eau. Trombes d’eaux. Tubas. Palme. Masques. Les uns autours des autres, en long, au large, de travers. Regard circulaire. Les autres. Soi. Celle du voisin. Soi. Ceux de la voisine. Soi.

Sur le ciel. Un bimoteur se pavane. Une longue traîne publicitaire derrière lui.

[Mots] Mes quatre temps

 

 Matinée pluvieuse. Entre Paris et Marseille, captive d’un wagon à grande vitesse, soudée à la banquette presque confortable, mon pied nu reposant sur le siège d’en face. Les yeux fermés, je paresse.

Chaleur sèche. Les murmures de la cuisine, les assiettes qui s’entrechoquent, échouée sur un transat orange, quelques gouttes fraîches sur ma peau, échappées d’un bassin clair rempli d’enfants. Les yeux fermés, je paresse.

Fraîche nuit. Les basses atténuées bercent mes oreilles. Un verre de vin rouge, haut et élégant. Dissimulée dans le coin d’une large terrasse, face à un jardin humide. Les yeux fermés, je paresse.

Aube lumineuse. Entre rêve et somnolence, les draps blancs bouchonnés, une odeur de café cruelle et tentatrice. Dehors, le vol des mouettes. Les yeux fermés, je paresse.

[Mots] Places de Paris

This text has been written while spending lazy days in Paris. A screenshot of Saint Germain des Prés neighborhood.

Place Maubert. 10h09.

La palette noire est renversée sur le sol. Un liquide gélatineux s’en échappe. Le clignotant se fait jaune, puis orange, puis jaune. La guirlande de sachets en plastique blanc et froissé survole la flaque. Imperturbable.

Rue des Carmes. 10h27.

Le kleenex grisé git dans le caniveau, aux côtés d’un serpentin aplati. Une série de journaux glisse sur le sol. Le papier à cigarette rougeoie. Léger nuage de fumée.

Rue des Ecoles. 10h32.

Hôtel Claude Bernard. Un rire. Plusieurs. Puis rien.

Rue Jean Beauvais. 10h40.

L’homme en chemise blanche converse avec son ordinateur. Sur le mur, un tag, en costume cravate noir s’abrite derrière un masque à gaz. L’homme en gilet orange agite une poubelle derrière un camion coloré. Placardé sur la maison du seigneur, le pope à barbe blanche et robe longue sourit.

Rue des Anglais. 10h42.

Le balai frotte le sol, une feuille séchée file. Le chien passe en remuant la queue, suivi du cabas à roulettes. Tous deux noirs. Une odeur de merde.

Rue Galande. 10h47.

Six tables rondes en inox aveuglent le passant. Le bouddha doré et immense garde l’agence. Une moto à pistons chromés entrave le passage. Le couteau déchire un emballage. Au loin, une pelle gratte le sol.

[Photo] Magnifique Koudelka

 This post is encouraging anyone staying around Arles (France) to enjoy photography exhibition of Koudelka related to gypsies, in “Les Rencontres Photographie Arles”.

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    Arles,tranquille petite ville du sud de la France, réveillée chaque année par les rencontres photographies [1]. Arles, quelques minutes volées de bonheur, face à l’objectif de Koudelka.

Église Sainte Anne, une volée de marches et l’œuvre de Koudelka vous accueille. Koudelka Josef, tchèque de naissance (mais depuis citoyen du monde), a photographié les gitans de Slovaquie Orientale dans les années soixante dix. Une centaine de clichés nous sont présentés à l’occasion de la ré-édition d’un de ses livres [2]. L’occasion de soumettre aux yeux novices ce génie de la photographie. Les gitans. Un sujet mêlant romantisme et question de société. Koudelka est ici sous leur toit, dans leur vie, et leur demande de poser pour nous restituer des clichés beaux et émouvants en noir et blanc. Alors, oui, il y a les violons, les deuils, la pauvreté, les tapis rapiécés, les familles nombreuses, la pauvreté crasse, les chevaux, l’air bravache des hommes-enfants, les vieilles dames ridées.

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