Marseille. Le haut. Improbable consulat République Tchèque, rue d’Angkor, entre Guadeloupe et Martinique. Boulevard Vauban. Vue plongeante sur le décolleté de Marseille. Le petit air chaud, la caresse du soleil. L’odeur. Tzzzz. Le Vespa. Tzzzz. Un autre. Vrrr. Une variante à quatre roues . La cloche sèche et creuse. Onze heures. La conversation, les voix rauques, pleine de clope et de café. Kling. La soucoupe sur la table en plastique. Grappe d’adolescents sur les escaliers, en cascade, depuis Notre Dame de la Garde. La pente. Boulevard Notre Dame. Le bobo traverse, téléphone collé à l’oreille collier de barbe et bouche ouverte, assoiffée. Vent de pisse. Tâche de vin sur le sol. Le pas s’alourdit, chewing-gum collé sous la birk. Fils élastiques et gris. Dépassement par la gauche. Lunettes Ray-Ban seventies sur le bout du nez. Tusaisquetyescharmannnte. Inoffensif. Le ciel reste bleu. Marseille.
art [fr]
[Mots] Longues et éternelles
Elles seront longues toutes ces années sous le soleil, fort et tournesol, sous le ciel bleu, lisse et craquant.
Elles seront longues ces routes, à pas de fourmi, à pas de rien, à cloche pied. Grande ligne blanche, guichet désert, ardoise d’absent, fossé des morts.
Longues. Les montagnes russes. Les rubans tendus, roulés, déroulés, plissés, sans cesse. Recommencés.
Elles seront longues toutes ces années. D’esquive, de plongée, de shoot, de regard tourné. De yoyo dans la gueule, de boomerang silencieux, d’os de travers.
Longues.
Éternelles.
Espérons-le.
Note : picture Smile by Transformer18
Esprit Tout Puissant
Esprit.
A portée de l’âme.
Puissant.
Le paradis sur terre, ici et maintenant.
Le nord vire.
Cette petite dame quitte la terre, tout de suite.
La chute ne guette personne.
Je pars demain.
La foule bienveillante.
L’eau comme ressource infinie.
On s’en fout.
Esprit tout puissant.
Vous me ferez quatre #cestpasdemafaute et deux #lamortnexistepas.
Plage, pluie, pluie…
Averse.
Les gouttes de verre se jettent dans le vide. Moutons de…
L’écume blanche creuse la plage argentée.
Les drapeaux s’enroulent, abandonnés.
La mer valse, pointe, se hérisse, acier.
La brume gomme la montagne. La cîme se fait fantôme.
Le chêne s’agite, dodeline des branches, opine en masse, malgré lui.
Au loin, chants d’oiseau, feulement de vagues.
[Mots] Prophétie de Rilke sur l’amour, la femme et l’homme
Extrait de Lettres à un jeune poète et autres lettres de Rainer Maria Rilke, Mai 1904
“[…] un jour, la jeune fille sera là, la femme sera là dont le nom ne sera plus seulement l’opposé du masculin, mais quelque chose en soi, quelque chose qui ne fera penser ni à un complément, ni à une limite, mais seulement à la vie et à l’existence – : l’être humain féminin. Ce progrès transformera (tout à fait contre la volonté des hommes dans un premier temps qui seront dépassés) notre manière de vivre l’amour, plongée aujourd’hui dans un total égarement, il la transformera de fond en comble, en fera une relation comprise comme celle d’un être humain à un être humain, et non plus d’un homme à une femme. Et cet amour plus humain (qui s’accomplira avec infiniment d’égard et de discrétion, où l’on se liera et se déliera dans la bonté et la clarté) ressemblera à celui que nous préparons dans le combat et l’effort, à un amour ne consistant en rien d’autre qu’en deux solitudes qui l’une l’autre se protègent, se circonscrivent, se saluent.”
Klimt et ses amis de la Sécession, à la Pinacothèque de Paris
Rentrer dans la Pinacothèque de Paris pour admirer l’exposition ‘Au temps de Klimt’ est le privilège des patients ou des malins (coupe-file mon amour). Ticket enfin en main, on plonge dans la foule. On est serré comme des sardines, on progresse à petit pas. Qu’importent les conditions, les œuvres sont là, témoin du dynamisme de Vienne, sous l’empire austro-hongrois, sur la période 1890-1915. A cette époque, un groupe d’artistes s’organise et se mêle de faire bouger les lignes de la bienséance esthétique. C’est la Sécession, qui rassemble (puis sépare) Gustav Klimt, Egon Schiele, Koloman Moser et Oscar Kokoschka, Herbert Boechl. Tous partagent leur pratique, parlent à haute voix, éditent une revue , animent un lieu, et restent un temps unis sous la devise “A chaque temps son art, chaque art, sa liberté.” Trêve de suspens, l’exposition est belle, elle rassemble près de 180 œuvres, de toute forme. Elle couvre les sujets variés tels que les portraits, les arts, la femme, les paysages… La maîtrise de l’art est évidente, on a droit ici à des pièces d’une très grande qualité. Allez-y, courrez-y avant l’été, et si vous n’êtes pas convaincu, voici quelques pièces qui aiguiseront votre appétit d’esthète.
- Herbert Boeckl, Bruno Grimschitz, 1915
- Oskar Kokoschka, Le trésorier, 1910
- Egon Schiele, Portrait de Edith, 1917
- Ernst Klimt (oui, le frère), Bébé sur un sofa, 1885
- Gustav Klimt – multiples et splendides oeuvres …
La médecine – 1901 (détruite)
Détail de la frise Beethoven – 1902
Solférino – Sèvres – Babylone
Solferino.
Les yeux rivés sur son smartphone. On travaille son level, lèvres pinçées. Ça joue, niveau 95. Alignements de pommes et bananes.
Une femme. Debout. Voix de corbeau. ‘La ballade des gens heureux’. Faux. A tue-tête. Gorge déployée.
Les jeunes gloussent, s’agitent, parodient. La balaaadeeeedégenzeueux. Ils s’envolent en chantonnant.
Une petite voix, exténuée, rauque, à bout de corde. Une petite aide, s’il vous plaît. Une petite pièce. Mitaine grise et jaune. Blouson bleu, façon agent de sécurité. Façon anonyme.
Le couple de japonais. Age 14 ans – ou presque. Chaussure Louis Vuitton Paris.
Sèvres – Babylone. Le calme revient.
[mots] Impressions de San Francisco
Market Street. So bling, bling, so us.
Shopping paradise et food courts, fitting room spacieuses et vendeuses pro.
Les cyclistes en shorty, jambes impeccablement musclées, casque high tech vissé sur les oreilles.
Montgomery street. La rue des banques. Of America. Of Califonia. Of HongKong. Of China.
Galerie d’art.
Adresse 5 étoiles, pakistanais en cuisine.
China Town. Commercial Street. Lampions rouges, herbes rares et babioles.
Les vieilles qui choississent les pamplemousse odorants. Langue inconnue.
Cuisine grasse et abondante. Noix frites enrobées de miel et sésame. Qui dit mieux ? Thé jasmin.
Boboland. Vue sur les ponts. Calme. oiseaux, magnolias, bougainvilliers, jardinets et escalier doux.
Un jardinier taille les arbres. Le bridge Oakland.
Little broadway. Sex spa, encanaillage, adult content.
Pier 39. Le bois des pontons, les drisses bruyantes, les sea (food) lion puant.
Le coeur touristique surréaliste, caché.
La navette. Selfie à gogo. Golden bridge and me. Golden bridge and smile. Alcatraz des méchants bandits.
Queen Elizabeth, monstre. Hauteur similaire aux collines paisibles.
Vue inexpliquablement belle. Transamerica Pyramid, Coit Tower.
Crazy driver. Parcours de ville. Quadrillage impeccable appliqué sur les vallons et collines.
Les rues et les maisons s’adaptent. Marches, pilotis, plateaux, ajustement, angles forts.
Maisons victoriennes. Bibliothèques et salons somptueux.
[mots] Market Street, 9:00 AM
La rue est large. Laisse place aux berlines, aux voiture-camion, aux moteurs énormes, aux tanks, au tram, au bus. Peu de passant. Au loin l’avenue encore, l’infini. Les rideaux de fer, taggés ou acier.
Un homme. 70 ans. Vêtu de laine et de vert, bonnet enserrant sa tête fragile. Il avance doucement, se détend avec les soubresauts d’un ressort. Les jambes maigres.
Une femme, cheveux filasse, les joues grises. La clope au bec. Elle parle vite. Son visage inexpressif.
Plus loin, un gentil ours. Il lève les bras au ciel. Sourit. Fais un pas. Lève les bras au ciel, joue au moulin de Market Street.
Des grappes d’hommes, barbus et sombres mitaines, autours d’une tente, posée sous le kiosque des merveilles de la ville.
Quelques sportifs blancs et baskets noires. Foulée indécente sur ce bitume.
Market street, le marché, pauvre. Chaque poubelle visitée, revisitée. Chaque mégot collectionné. Amas de sacs plastique, de sacs de couchage, de matelas. Le rêve américain au ras du sol.
Un couple, jeune et propre, en voyage de noce, la nuque droite, le regard figé.
Un grand black, pull rouge. Inquiet. Nerveux. Pas de géant. Il zigzague sur le trottoir. En quête de quoi.
Une course folle. L’uniforme noir derrière le jeune adolescent. Le cop court plus vite. La voiture repart en sirènant.
Au carrefour de deux avenues. Le barbu dans sa chaise roulante. Veste en jean. Face au soleil timide. Déplie son journal et se plonge dedans.
Quelques geeks font la queue. c’est la Web Developers Week 2015, dans le quartier. Youpi. Le staff en t shirt rose est impeccable.
Un jeune garçon court. Traverse l’avenue. Son larcin sous le pull. Sa soeur le bouscule sur les rails du tram.
Les touristes, alignés, disciplinés, regardent les Cables Car pivoter. Depuis des années. Haut bas tourner, bas haut tourner. Manège et divertissement. Diversion.
L’hôtel chic. Marbre et portier. De ravissantes japonaises, hôtesse de l’air raffinées rejoignent l’aéroport.
Intérieur de mall. Surface plane. Ambiance d’or et de vide. Cœur sec. Fontaine de fruits frais.
What can I do for you, m’dam ?
[mots] Highway
Plateaux de béton. Marquage blanc. Loupiote. Jantes centrifugées. Lune pleine derrière un coton gris déchiré. Une rampe vers le haut, un arc vers la droite. des files de phares rouges. Pickup. Minibus. Truck. Placards lumineux. Promesses. Bring back our millions to America. Its Ok to ask direction. Commuting or investing. Le pont déverse son flot de lucioles. Jaunes. Scintillantes. Ordonnées. Ça roule. Ça freine. Ça reflète. Ça dévie. On track. Du bureau. Du panneau. Pas de vie. Pas encore. La voici. La plaine. Points de vie. Milliers de feux foyers à perte de vue. Ça déroule. Ça dégage. Des rectangles. Des fenêtres. Illuminées de silhouettes. On y est. Des vérandas. Des collines de lampadaires. Stations essence. Concessionnaires. On y est. Road 80. Exit 16B.












